Séjours à vélo en Touraine - Val de Loire

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Chinon, petite ville, grand renom

Chinon, petite ville, grand renom

Nous n’étions pas venu pour cela mais l’affluence remarquable de l’événement nous intrigue. Sur cette petite route qui se tortille à travers les vignes, le bal des voitures grimpant le coteau afin de rejoindre cette fête qui semble attirer les 3/4 de la région est tout sauf anodin. Nous décidons de grimper là-haut et assistons avec stupeur au combat rapproché entre deux hommes en tenue médiévale. Le public, massé derrière une rembarde en bois, encourage bruyamment ces deux preux chevaliers qui se disputent peut-être la main de la fille du seigneur des environs. Les coups de glaives sont violents, espérons qu’ils savent ce qu’ils font. Un peu plus loin nous apercevons la porte d’une cave qui semble gigantesque et où sont massés les visiteurs : Le logo « Festi’Vin » est mentionné sur de nombreux panneaux. Nous prenons un verre du nectar local au comptoir de la buvette installée pour l’occasion face à la Cave Touristique des Vignerons, théâtre de l’événement. Le barman nous indique qu’aujourd’hui a lieu la foire historique des vignerons du Chinonais, celle de Panzoult. Un ami Bouchardais m’en parle depuis toujours, le hasard nous y a amené. Il s’agit d’après les organisateurs de la plus grande foire aux vins du vignoble. Nous avons d’autres projets pour aujourd’hui mais nous y retournerons à coup sûr l’année prochaine en tenue de vigneron. 

 

Nous enfourchons nos montures et quelques coups de pédales plus loin nous traversons le village de Cravant-les-Côteaux, un nom qui sent bon la Touraine, puis déboulons dans les faubourgs de la cité Rabelaisienne. Nous renonçons à grimper la côte des Hucherolles, réputée redoutable, afin de préserver nos forces pour une autre ascension : Elle nous mènera aux portes de la forteresse royale, édifice monumentale où une jeune fille innocente à un jour rencontré un roi, gagné sa confiance et débuté une folle épopée qui allait faire d’elle une héroïne pour l’éternité.

 

 

Si la Touraine est le jardin de la France alors Chinon en est sa fleur, une fleur dont les pétales ne fanent jamais tant cette cité est divine, magnifiée par cette invraisemblable panorama offert sur la rive sud de la Vienne, à quelques mètres du lycée qui porte le nom de l’autre personnage incontournable de l’histoire de la commune, François Rabelais. Père de Gargantua, il est le roi de la Rabelaisie, contrée isolée dont la Devinière, sa maison natale, est la capitale. Aux marches de la Touraine, du Poitou et de l’Anjou, à une poignée de kilomètres de l’Abbaye Royale de Fontevraud où les gisants de Richard Coeur de Lion et de sa mère Aliénor d’Aquitaine reposent silencieusement, nous découvrons une cité où la vigne est reine depuis toujours. Elle a fait la renommée des vignerons chinonais qui ont su générations après générations faire fructifier la fertilité exceptionnelle de la terre locale, la fameuse argilo-calcaire. Labellisée « Ville et pays d’art et d’histoire, Chinon nous séduit par son centre historique, exceptionnellement bien conservé, qui a pour centre névralgique la place Charles VII. C’est d’ici que le premier samedi du mois d’août débute le marché médiévale, fête traditionnelle qui nous offre une plongée au cœur du Moyen-Age grâce aux nombreux personnages costumés réalisant moult spectacles de rue et autres reconstitutions historiques. La rue Haute-Maurice, artère principale du centre historique, permet de découvrir les maisons en pans de bois, les hôtels particuliers des XVème et XVIème siècle et le mythique musée Carroi, symboles emblématiques de l’identité chinonaise.

 

 

Les ruelles pavées qui s’entremêlent forment un labyrinthe dans lequel on aime se perdre, émerveillé par le charme envoûtant de la cité médiévale. Les cyclistes qui comme nous n’ont pas peur de monter peuvent s’attaquer à cette fameuse côte du château, longue d’un petit kilomètre et qui permet d’atteindre la fameuse forteresse médiévale. Bien avant que Charles VIII et consorts ne s’installent à Amboise puis Blois, dont les châteaux illustrent à merveille l’architecture et l’esthétisme de la Renaissance Italienne, cette forteresse fut le premier lieu de résidence principal d’un roi de France situé dans la région. En effet en 1427, alors que l’armée française connaît des heures particulièrement obscure au cours de la Guerre de 100 ans, le roi Charles VII décide de quitter Bourges pour s’installer ici afin de pouvoir jouir de la robustesse des fortifications de l’édifice mais également de sa position géographique particulière. Bâtie au sommet d’un imposant éperon rocheux, elle semble être le toit du monde tant elle domine les environs. C’est donc ici qu’en 1429 Jeanne d’Arc rencontra pour la première fois le roi Charles VII après avoir parcouru près de 500 kms en 11 jours depuis sa Lorraine natale. La légende raconte qu’elle aurait reconnu le roi au milieu de sa cour alors que celui-ci était volontairement vêtu en civil. C’est la fameuse scène de la « Reconnaissance ». Charles VII fit par la suite vérifier la virginité et la bonne foi de Jeanne d’Arc auprès de ses meilleurs médecins et théologiens. Convaincu de sa divinité, il décida d’en faire la nouvelle figure de proue de son armée. Vous connaissez la suite de l’histoire.. 

 

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