Séjours à vélo en Touraine - Val de Loire

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Langeais, mariage royal

Langeais, mariage royal

Cela fait déjà quelques kms que les cyclistes pédalent avec la Loire en toile de fond lorsqu’apparait au loin pour la première fois la partie sommitale de l’église Saint-Jean-Baptiste. Après avoir épousée les courbes du Cher depuis Tours la piste cyclable de la Loire à vélo a retrouvé le fleuve qui porte son nom peu après Villandry, au lieu-dit du Bec du Cher, point de confluence de la Loire et du Cher. Cet endroit est caractérisé par le secteur pavé de plusieurs centaines de mètres qui met à mal les reins des cyclistes peu rompus à ce genre d’effort. Les puristes feront inéluctablement le lien avec la fameuse « Tranchée d’Arenberg », secteur pavé mythique de la classique cycliste Paris-Roubaix redouté du plus robuste des coureurs. Le fleuve royal est magnifique à cet endroit, parsemé de petites îles, changeant de couleurs suivant l’humeur du soleil et proposant une faune et une flore qui nous donne l’impression d’être sur les rives de l’Amazone. C’est d’ailleurs sur les rives d’un de ces petits îlots que mon acolyte distingue très clairement la silhouette d’un héron cendré, immobile, le coup relevé, attendant certainement le passage de poissons. Ils cohabitent ici avec les martins-pêcheurs, oiseaux d’une vingtaine de cms à la robe bleu azur qui font office de véritables petites terreurs dans les environs tant leur instinct de chasseurs est développés (jusqu’à 80 animaux aquatiques capturés par jour). 

 

Un carrefour nous indique qu’il va falloir momentanément quitter la piste cyclable mais cette petite infidélité va nous permettre de découvrir l’imposant Pont Suspendu de Langeais : Esthétiquement très abouti, cet édifice a subi bien des péripéties depuis sa construction en 1846. En effet la foudre (une fois), les guerres (deux fois) et des mises aux normes (deux fois) ont obligé les autorités à rebâtir ce pont à 5 reprises au total. Pour l’anecdote, c’est le seul pont enjambant la Loire sur les 50 kms du segment Tours – Bourgueil (hormis le pont de l’A85). Une fois cet édifice franchi nous pénétrons rapidement au cœur de la commune et découvrons le château de Langeais : Le roi Louis XI dit « le prudent « ordonna sa construction en 1465. Achevé 4 ans plus tard, il devint rapidement un lieu incontournable de la monarchie si bien qu’il fut le théâtre du mariage royal entre Charles VIII  et la duchesse Anne de Bretagne  le 6 décembre 1491. Cet événement illustre à merveille la place prépondérante qu’occupait la Touraine dans le royaume de France à cette époque. Il est là, face à nous, sans douves, remparts ni même une clôture pour le séparer des rues de la commune. Vulnérable, on pourrait l’imaginer délabré et pourtant il conserve un éclat remarquable. Ses tours particulièrement imposantes lui donne une allure puissante et colossale et son pont-levis en parfait état nous rappelle les scènes de batailles du film Braveheart. Débute alors l’atelier photo. Nous le prenons sous tous les angles, fascinés par la stature de l’édifice. Les Langeaisiens de naissance, habitués à la splendeur du château, nous regarde d’un œil amusé et nous invite à franchir la Roumer par la rue Charles VIII puis à gravir le coteau via la petite allée du Parc. La voie, étroite et abrupte, est ponctuée de quelques marches qui nous obligent à descendre du vélo mais ce qui nous attend en haut vaut bien cette petite partie de manivelle.

 

Nous atteignons un petit parc juché à flanc de coteau, frontière naturelle entre la vieille ville et les lotissements récents de la commune. Nous tournons instinctivement la tête et sommes surpris par le point de vue exceptionnel sur ce que la cité langeaisienne a de plus beau à nous offrir. Le château bien-sûr, les ruines du précédent château médiéval, bâti en 994 et rasé par les Anglais lors de la Guerre de 100 ans, l’église Saint-Jean-Baptiste et le pont suspendu dont on aperçoit au loin les piles en forme d’arche coiffées de discrètes tourelles. Par temps clair les cyclistes équipés de lunettes de soleil aux verres polarisants peuvent même distinguer les courbes du village de Bréhémont se dessiner à l’horizon. Un banc aux couleurs arc-en-ciel permet de contempler confortablement les trésors de ce panorama. Il est cependant difficile de s’y reposer dans la mesure où il est très souvent occupé par les patriarches langeaisiens qui, à défaut de nous faire une petite place, nous informent du nom symbolique de cet endroit : « Jeunes gens, vous êtes ici au Petit Paradis ».

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